Mission

L’érosion de la biodiversité, une menace pour le bien-être humain

On parle de biodiversité, ou diversité biologique, pour désigner dans son ensemble la variabilité des organismes vivants à la fois dans leurs formes et dans leurs échanges. Il s’agit donc de la diversité des espèces (animaux, végétaux, champignons, microorganismes) mais également de la diversité génétique au sein d’une même espèce, de la diversité des écosystèmes, qu’ils soient terrestres ou aquatiques, et des interactions fonctionnelles possibles entre ces éléments. (Convention sur la Diversité Biologique, 1992)

 

« La biodiversité n’est pas une somme d’espèces mais une somme d’interactions entre organismes, parfois même au sein d’une même espèce.» 

Jacques Weber, Anthropologue

 

 

L’époque actuelle est décrite comme l’ère de la sixième extinction de masse. L’érosion actuelle de la biodiversité se distingue par sa rapidité associée à l’accélération, depuis la révolution industrielle, de l’utilisation des ressources vivantes dont l’espèce humaine est fondamentalement dépendante. Ainsi, on parle de services écosystémiques pour définir les bénéfices que les humains tirent des écosystèmes. La notion de service écosystémique est intrinsèquement définie par le rôle que la biodiversité joue sur les constituants du bien-être humain (en termes de sécurité, provision de ressources élémentaires, santé et relations sociales, liberté d’action et de choix) à différentes échelles d’actions temporelles et spatiales (Haines-Young & Porshin, 2010 in Ecosystem Ecology, Raffaeli & Frid (eds) )

L’évaluation des écosystèmes pour le Millénaire (EM) réalisé en 2005 a constaté que environ 60% des services écosystémiques évalués se dégradent, ou sont utilisés de manière non durable. Les services d’approvisionnement et culturels sont stables, voire en amélioration mais les services de régulation et de soutien sont en déclin. L’érosion de la biodiversité et la dégradation des services écosystémiques affecte le bien-être humain de manière très inégale selon la répartition géographique des territoires (voir EM 2005)

 

Le maintien des services écosystémiques sur une mosaïque de territoires, un enjeu environnemental et économique pour la Région Nouvelle-Aquitaine

Avec un étalement du littoral Atlantique au Massif Central et aux Pyrénées, la région Nouvelle-Aquitaine occupe 1/8 de la superficie du territoire français métropolitain et présente une grande diversité d’écosystèmes. Supports de vie animale et végétale, les écosystèmes sont également support de production et d’activites économiques et subissent de ce fait une pression importante. Occupée à 84% par des zones agricoles ou forestières, la région se place au premier rang français pour l’emploi agricole et européen en valeur de production agricole. Les caractéristiques agro-pédo-géologiques, hydrologiques et climatiques de la région sont contrastées, ce qui entraine une grande diversité des productions et des ressources.

La Région Nouvelle-Aquitaine, consciente de l’enjeu majeur du 21eme siècle que représente l’érosion de la biodiversité et de la place prépondérante du territoire néo-aquitain dans la préservation du patrimoine naturel et de ses services aux sociétés humaines, fait de la biodiversité une priorité politique. ECOBIOSE est donc une initiative unique de la Région Nouvelle-Aquitaine qui a pour objectif initial de réaliser, sur la base d’une revue de la littérature scientifique, une évaluation des conséquences de l’érosion du vivant sur des domaines de la société humaine, de l’agriculture à la santé, sur la base d’une revue de la littérature scientifique. La démarche, lancée le 27 Janvier 2017 à l’hôtel de Région en présence d’Alain Rousset, président du Conseil régional, a une gouvernance volontairement multidisciplinaire qui pourrait servir de préfiguration pour un échelon national voire international.

Cette évaluation vise à améliorer les liens entre connaissances sur la biodiversité et prise de décision afin de dresser les enjeux territoriaux des services soutenus par la biodiversité pour l’économie, la culture et les sociétés et d’identifier les leviers de décisions pour les politiques publiques régionales à venir.

vautours en groupe
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